Enfant, une fois réveillée, je n'avais qu'une envie : courir me jeter dans ses bras!

Ce matin-là, après nos embrassades, il me regarda d'un air mystérieux et me dit : "va donc voir au jardin!". Ma grand-mère, la veille, avait bien préparé le terrain en prétendant entendre au loin le carillon des cloches de Pâques qui arrivaient de Rome. Et oui, à cette époque, en Hainaut du moins, on ne parlait pas de lapins...

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Les cloches avaient donc déversé des oeufs en abondance dans le jardin : en chocolat, en sucre, "vrais" oeufs de poule peinturlurés... Quel bonheur de partir à leur recherche, munie de mon petit panier d'osier! Il y en avait partout : sous les rosiers, derrière le houx, dans les pots en grès, le long des fenêtres, au milieu des jonquilles... Et lorsque, toute fière je revenais avec mon butin, mon grand-père, mine de rien, commençait à les compter. Puis, il disait : "Ah non, il en manque encore, cherche bien!". J'ai grandi, compris, mais les cloches ont quelques années encore continué à déverser leurs oeufs dans le jardin. Vous savez quel était mon plus grand plaisir? Entendre rire mon grand-père qui finissait toujours par avouer: "Il en manque un mais je ne me souviens plus où je l'ai mis!"

Plus tard il y eut des chasses aux oeufs avec mes propres enfants. Je suppose qu'eux aussi pourraient vous en raconter de belles à ce sujet. Mais ça c'est une autre histoire...

Joyeuses Pâques à vous tous et toutes!

PS : photo de "april" de Brenda Gervais, terminé l'an dernier mais qu'il me reste à monter en coussinet.